Jardin & Extérieur Tutoriel
Atelier écologique : créez votre propre refuge pour chauves-souris
Un gîte à chauves-souris fonctionne s’il reste sombre, sec et chaud, posé à 4 à 6 m du sol sur une façade calme et peu éclairée. Fabriquez un modèle à deux chambres en bois brut, puis laissez-le en place plusieurs saisons : une occupation n’est jamais immédiate ni garantie.
L’essentiel
7 min de lecture- Installez le gîte entre 4 et 6 m de haut, sur une façade ou un arbre dégagé, hors de portée des chats.
- Privilégiez un gîte à deux chambres de 18 à 25 mm de largeur intérieure : il offre plusieurs microclimats aux chauves-souris.
- Employez exclusivement du bois massif brut et non traité, de 18 à 22 mm d’épaisseur, sans OSB, MDF ni palette traitée.
- Orientez de préférence vers le sud-est à sud dans un jardin tempéré ; évitez le soleil brûlant de l’après-midi en secteur très chaud.
- Posez idéalement en automne ou en hiver et laissez le refuge tranquille : l’occupation peut demander quelques mois à plusieurs années.
- N’ouvrez jamais le gîte et ne manipulez pas une chauve-souris : toutes les espèces françaises sont protégées.
Outils
- mètre ruban et crayon
- équerre
- scie égoïne ou scie circulaire
- perceuse-visseuse
- forets bois et maçonnerie adaptés au support
- papier abrasif pour casser les arêtes extérieures
- lunettes de protection, masque FFP2 et protections auditives si outil électrique
- niveau et matériel de travail en hauteur sécurisé
Fournitures
- planches de mélèze, douglas ou châtaignier non traitées, épaisseur 18 à 22 mm
- vis galvanisées ou inoxydables de 4 à 5 mm de diamètre
- pattes de fixation métalliques galvanisées ou tasseaux porteurs extérieurs
- chevilles et vis adaptées à une façade maçonnée, si nécessaire
Résultat attendu Un gîte plat à deux chambres, sombre, sec et rugueux à l’intérieur, adapté à une pose durable au jardin.
Au sommaire (7 sections)
- Créer un jardin favorable avant d’installer un gîte à chauves-souris
- Choisir un modèle de gîte à chauves-souris et le bon bois
- Fabriquer un refuge sombre, sec et accrocheur
- Hauteur, orientation et emplacement pour poser le gîte
- Quand installer le gîte et combien de temps attendre avant son occupation
- Gestes à proscrire et règles de protection des chauves-souris
- Observer et entretenir le refuge sans perturber les animaux
Créer un jardin favorable avant d’installer un gîte à chauves-souris
Pour installer un gîte à chauves-souris avec une chance réelle de succès, l’abri ne suffit pas : il doit se trouver près d’un territoire de chasse sombre et riche en insectes. Une façade calme, une haie continue, des arbres et un point d’eau accessible forment un environnement bien plus accueillant qu’une pelouse très tondue, éclairée et traitée.
Les chauves-souris françaises sont majoritairement insectivores. Favorisez les floraisons étalées, les zones d’herbes hautes, le compost bien géré et des essences locales ; ils soutiennent les papillons de nuit, moustiques, coléoptères et autres proies. Une mare avec une zone d’eau libre facilite aussi l’abreuvement en vol, à condition de conserver une approche dégagée.
Les trois repères qui font la différence
- 4 à 6 m
- hauteur de pose recommandée pour limiter les prédateurs et dégager le vol Une façade peut permettre une pose stable plus facilement qu’un arbre.
- 18 à 25 mm
- largeur utile d’une chambre pour imiter une fissure naturelle Variez les chambres dans cette plage plutôt que de créer un grand volume.
- Quelques mois à plusieurs années
- délai possible avant une première occupation L’absence de chauve-souris après une saison ne prouve pas que le gîte est mal conçu.
Conservez surtout l’obscurité. Un éclairage extérieur puissant, dirigé vers la façade ou allumé toute la nuit, perturbe de nombreuses espèces et réduit la valeur du gîte. Si un passage doit être éclairé, choisissez un détecteur de présence, une durée très courte et un faisceau dirigé vers le sol, loin de l’abri et de la haie.
Choisir un modèle de gîte à chauves-souris et le bon bois
Le modèle le plus polyvalent au jardin est un gîte plat à deux chambres, ouvert en dessous. Il reproduit les fentes étroites recherchées par plusieurs espèces, reste sombre grâce à son entrée basse et crée des zones de température légèrement différentes. Un grand nichoir creux, semblable à une boîte à oiseaux, est moins adapté : il est trop volumineux, plus lumineux et plus difficile à maintenir sec.
| Élément | Quantité | Dimensions indicatives | Rôle |
|---|---|---|---|
| Panneau arrière | 1 | 70 × 35 × 1,8 cm | Dépasse en bas et forme la zone d’atterrissage rugueuse. |
| Cloison centrale | 1 | 55 × 35 × 1,8 cm | Crée la première chambre, ouverte par le bas. |
| Façade | 1 | 45 × 35 × 1,8 cm | Crée la seconde chambre et maintient l’obscurité. |
| Entretoises arrière | 2 × 55 cm + 1 × 35 cm | Section 20 × 20 mm | Maintiennent une chambre de 20 mm sur les côtés et en haut. |
| Entretoises avant | 2 × 45 cm + 1 × 35 cm | Section 20 × 20 mm | Maintiennent une seconde chambre de 20 mm. |
| Toit débordant | 1 | 40 × 14 × 1,8 cm | Protège le haut et les côtés de la pluie. |
Ces cotes conviennent à un gîte d’environ 35 cm de large et 9 à 10 cm d’épaisseur totale. Elles peuvent varier légèrement, mais les chambres doivent rester étroites et l’entrée basse doit rester libre.
Gîte simple ou gîte à deux chambres ?
Gîte à une chambre
La version la plus simple à fabriquer
- Moins de découpes et de visserie
- Budget souvent compris entre 20 et 45 € en fabrication maison
- Convient lorsqu’un seul emplacement est disponible
- Une seule température intérieure
- Moins de possibilités si l’exposition varie au fil de la journée
- Intérêt plus limité pour accueillir différents individus
À choisir si Choisissez-le pour un premier essai simple, sur une façade déjà très favorable et bien exposée.
Gîte à deux chambres
Le choix le plus pertinent pour un jardin
- Deux microclimats dans un volume compact
- Meilleure adaptation aux nuits fraîches et aux journées chaudes
- Construction encore accessible avec des planches droites
- Environ 35 à 80 € de fournitures selon le bois
- Plus lourd et demande des fixations plus soignées
À choisir si C’est le meilleur compromis pour une installation durable et il constitue le modèle conseillé dans ce tutoriel.
Dans les deux cas, la qualité de l’emplacement et l’absence de dérangement comptent davantage que le décor ou la forme extérieure du gîte.
Choisissez du mélèze, du douglas ou du châtaignier non traité, idéalement brut de sciage. Ces essences résistent correctement dehors sans imposer de lasure, de vernis ou d’huile. Évitez l’OSB, l’aggloméré, le MDF et les bois de récupération dont l’historique est inconnu : ils se dégradent vite ou peuvent contenir des colles, traitements et émissions indésirables.
Fabriquer un refuge sombre, sec et accrocheur
L’intérieur doit permettre aux animaux de s’agripper immédiatement après l’entrée. Si vos planches sont déjà très rugueuses, conservez cet état ; si elles sont rabotées, réalisez des rainures horizontales espacées de 10 à 15 mm et profondes de 1 à 2 mm sur toutes les faces internes. Ne posez jamais de grillage, de moquette ou de plastique : ces matériaux peuvent blesser, se décoller ou retenir l’humidité.
Assembler le gîte à deux chambres
-
Découpez les panneaux et les entretoises
Reportez les dimensions sur le bois, coupez les trois grands panneaux, les six entretoises et le toit, puis cassez uniquement les arêtes extérieures avec un léger abrasif.
Ne réduisez pas le dépassement inférieur du panneau arrière : ses 15 à 25 cm visibles constituent la piste d’atterrissage.
-
Rendez les faces intérieures agrippantes
Rainurez horizontalement la face interne du dos, les deux faces de la cloison centrale et la face interne de la façade, sans traverser le bois.
Une scie réglée à 1 ou 2 mm de profondeur suffit ; ne poncez jamais ensuite ces rainures.
-
Posez les premières entretoises
Vissez deux entretoises de 55 cm sur les côtés du panneau arrière et une entretoise de 35 cm en haut, en laissant le bas totalement ouvert.
Prépercez le douglas ou le châtaignier pour éviter les fentes près des extrémités.
-
Fixez la cloison centrale
Vissez la cloison de 55 cm sur les premières entretoises depuis l’extérieur, sans laisser de pointe de vis dépasser dans la chambre.
Passez un doigt dans la chambre avant de continuer : aucune aspérité métallique ne doit être perceptible.
-
Créez la seconde chambre
Ajoutez les deux entretoises de 45 cm et celle de 35 cm sur la cloison, puis vissez la façade de 45 cm en conservant l’ouverture par le bas.
Les deux chambres doivent mesurer environ 20 mm de large ; ne les élargissez pas pour “faire plus confortable”.
-
Posez le toit débordant
Vissez le toit par-dessus, avec un léger dévers vers l’avant et un débord de quelques centimètres sur les côtés et la façade.
Le toit doit couvrir les joints hauts ; ne bouchez pas l’ouverture basse, qui assure l’accès et l’évacuation naturelle de l’humidité.
-
Ajoutez les pattes de fixation extérieures
Fixez deux pattes métalliques galvanisées sur les flancs, ou deux tasseaux porteurs extérieurs, afin que les vis de pose ne traversent jamais les chambres.
Préparez ce système au sol : une fois le gîte fermé, aucune fixation ne doit imposer de le rouvrir.
Le gîte doit être étanche par le haut mais jamais hermétique comme une boîte. Le toit et les joints supérieurs empêchent l’eau de pénétrer, tandis que l’ouverture inférieure évacue naturellement les déjections et limite la condensation. N’ajoutez pas de porte de visite : elle rendrait l’abri plus lumineux et encouragerait des ouvertures inutiles.
Hauteur, orientation et emplacement pour poser le gîte
Posez le refuge à 4 à 6 m du sol, sur une façade haute, un pignon ou un tronc dégagé. L’accès doit être libre sous le gîte sur au moins 2 à 3 m : pas de branche, de gouttière, de treillis, de lierre dense ni de balcon immédiatement devant l’entrée. Une maçonnerie ou un bardage stable est souvent préférable à un arbre, car le support est plus chaud, moins mobile et moins accessible aux prédateurs.
| Situation | Orientation à privilégier | À éviter |
|---|---|---|
| Façade tempérée, jardin peu ombragé | Sud-est à sud, avec soleil du matin ou de mi-journée | Nord permanent et façade humide. |
| Région chaude ou mur très réverbérant | Est à sud-est, soleil surtout le matin | Plein ouest et soleil brûlant tout l’après-midi. |
| Jardin très boisé ou ombragé | Pignon ou façade recevant plusieurs heures de soleil | Installer dans une ombre fraîche toute la journée. |
| Plusieurs gîtes possibles | Deux orientations différentes, par exemple est et sud-est | Les aligner sous un projecteur ou près d’un passage fréquenté. |
Visez en général 4 à 6 heures de soleil direct par jour, à ajuster selon la chaleur locale. L’objectif est une chambre chaude, jamais une boîte surchauffée.
Sur un mur plein, utilisez quatre points de fixation hors des chambres, avec des vis et chevilles adaptées au support ; sur maçonnerie, une cheville de 8 mm avec une vis de 6 mm convient souvent, à confirmer selon le poids du gîte et la nature du mur. Sur un arbre, préférez une sangle large réglable ou un système non étrangleur plutôt que des clous, puis contrôlez régulièrement qu’il ne blesse pas l’écorce. Éloignez le gîte des fenêtres souvent ouvertes, des allées éclairées, des mangeoires et des zones de jeux.
Quand installer le gîte et combien de temps attendre avant son occupation
L’automne et l’hiver sont des périodes pratiques pour poser un gîte neuf : le bois a le temps de s’aérer dehors et l’abri est prêt avant les déplacements de printemps. Vous pouvez toutefois l’installer à une autre saison si le support est libre et que la pose ne dérange aucun gîte naturel ni colonie connue. Ne déplacez pas un refuge tous les mois pour chercher une meilleure exposition : la stabilité fait partie de son intérêt.
Une occupation peut survenir la première année, mais il est fréquent d’attendre deux ou trois saisons. Les chauves-souris explorent, mémorisent leurs itinéraires et sélectionnent des sites sûrs ; un gîte vide peut donc être visité sans être occupé durablement. Laissez-le en place au moins trois ans si l’emplacement respecte les critères de hauteur, chaleur, calme et obscurité.
Gestes à proscrire et règles de protection des chauves-souris
Ne traitez pas le bois, ne pulvérisez pas de produit insecticide autour du gîte et n’installez pas de lampe décorative à proximité. Ne le secouez pas, ne le déplacez pas et ne l’ouvrez jamais pour vérifier s’il est occupé : une chauve-souris peut s’y reposer, mettre bas ou hiverner à un moment où vous ne l’imaginez pas.
Si vous trouvez une chauve-souris au sol, ne la prenez pas à mains nues et ne tentez pas de l’installer dans votre gîte. Éloignez enfants et animaux domestiques, limitez le dérangement et contactez un centre de soins de la faune sauvage ou une association naturaliste locale pour connaître la conduite à tenir. En cas de travaux sur une toiture, un volet, une fissure de mur ou un arbre occupé, demandez conseil avant de condamner un accès.
Observer et entretenir le refuge sans perturber les animaux
L’entretien se limite à une inspection extérieure depuis le sol : vérifiez avec des jumelles que le gîte tient droit, que le toit n’est pas arraché et que les fixations semblent intactes. Observez éventuellement à distance au crépuscule, sans flash, sans éclairage direct et sans rester sous la trajectoire d’envol. De petites crottes sombres et friables sous le gîte peuvent indiquer un passage, mais leur absence ne permet pas de conclure.
N’essayez pas de nettoyer les chambres ni de retirer les déjections. Si une fixation menace de céder, si le bois pourrit fortement ou si un chantier impose la dépose du refuge, n’intervenez pas à l’aveugle : demandez l’avis d’un spécialiste local, surtout si des indices d’occupation sont présents. Le meilleur entretien reste un bois durable, une fixation fiable et une tranquillité complète.
Questions fréquentes Ce que les lecteurs demandent le plus
Quelle hauteur pour installer un gîte à chauves-souris ?
Installez-le idéalement entre 4 et 6 m du sol. Cette hauteur dégage la trajectoire d’envol et réduit l’accès des chats et autres prédateurs. L’emplacement sous le gîte doit rester libre sur plusieurs mètres, sans branche, pergola, gouttière ou lierre dense. Ne prenez pas de risque avec une échelle : une pose haute doit être réalisée depuis un support stable.
Quelle orientation choisir pour un gîte à chauves-souris ?
Dans la plupart des jardins tempérés, une orientation sud-est à sud apporte une chaleur appréciée, avec environ 4 à 6 heures de soleil quotidien. Sur une façade très chaude ou dans une région fortement ensoleillée, préférez est ou sud-est afin d’éviter la surchauffe de fin d’après-midi. Une orientation nord, humide et constamment ombragée, est rarement favorable.
Peut-on fabriquer un gîte à chauves-souris avec du bois de palette ?
Mieux vaut éviter les palettes, même lorsqu’elles paraissent en bon état. Elles peuvent avoir été traitées, souillées, fendues ou assemblées avec des éléments métalliques difficiles à retirer. Utilisez plutôt des planches neuves de douglas, mélèze ou châtaignier non traitées, de 18 à 22 mm d’épaisseur. Leur coût reste raisonnable et leur origine est connue.
Combien de temps faut-il pour que des chauves-souris occupent un gîte ?
Il n’existe pas de délai garanti. Certaines chauves-souris peuvent explorer un gîte dès la première saison, mais une occupation durable demande souvent plusieurs mois, deux ans ou davantage. Laissez le refuge en place au moins trois ans, sans l’ouvrir ni le déplacer. La présence d’insectes, d’une haie, de l’obscurité et d’un accès dégagé compte autant que le gîte lui-même.
Faut-il une autorisation pour installer un gîte à chauves-souris dans son jardin ?
Un petit gîte fixé sur votre maison, un abri ou un arbre ne nécessite généralement pas de formalité d’urbanisme. Vérifiez toutefois l’accord du propriétaire si vous êtes locataire, les règles de copropriété pour une façade commune et les contraintes locales en secteur protégé. Ne détruisez jamais un gîte naturel existant ni une cavité susceptible d’abriter des chauves-souris.
Peut-on ouvrir un gîte à chauves-souris pour le nettoyer ?
Non. N’ouvrez pas le gîte, même en hiver ou après une apparente longue période sans activité. Une chauve-souris peut y être discrète, en repos, en hibernation ou en période de reproduction. Le refuge est conçu pour évacuer naturellement les déjections par son ouverture basse. Contrôlez seulement l’état extérieur du bois, du toit et des fixations à distance.
Comment attirer les chauves-souris dans un petit jardin ?
Éteignez les éclairages inutiles, renoncez aux insecticides et créez une continuité végétale avec une haie, quelques arbres et des floraisons variées. Une zone d’eau libre et un jardin moins tondu favorisent les insectes dont elles se nourrissent. Même un petit terrain peut devenir une étape utile s’il reste calme, sombre et relié à d’autres jardins végétalisés.
Qui écrit cet article ?
La rédaction de Bricolage.fm réunit des rédacteurs spécialisés en travaux, outillage et habitat. Chaque page est construite pour répondre à une question précise, avec des ordres de grandeur vérifiables et les limites d’intervention rappelées. Nos principes de publication sont détaillés dans notre charte éditoriale.
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