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Le bricolage et le jardinage : entre un engouement explosif durant le Covid et une attente de jours meilleurs

Depuis le Covid, le bricolage et le jardinage ne disparaissent pas : ils se concentrent sur des projets utiles, fractionnés et mieux calculés. Face au poids de l’énergie et aux budgets tendus, les ménages privilégient l’entretien, la réparation, le confort et des équipements durables, en arbitrant davantage entre achat, occasion, location et artisan.

La rédaction de Bricolage.fm Rédaction spécialisée bricolage, rénovation et habitat 8 min Débutant
Particuliers préparant une réparation et des plantations dans leur garage ouvert.
Particuliers préparant une réparation et des plantations dans leur garage ouvert.

L’essentiel

8 min de lecture
  • Depuis 2020, le temps passé au domicile s’est transformé en projets plus ciblés : entretien, confort thermique, rangements et extérieur plutôt qu’une rénovation globale improvisée.
  • Les petits travaux se réalisent souvent par séances de 15 à 30 minutes ; une pièce à peindre ou un potager structuré demandent plutôt 1 à 2 week-ends.
  • Pour les projets courants, comptez environ 20 à 150 € de fournitures pour une réparation, 80 à 250 € pour peindre 15 m² et 80 à 350 € pour démarrer un potager.
  • La hausse des coûts de l’énergie pousse à traiter d’abord les fuites d’air, les réglages de chauffage et les petites réparations avant d’engager une rénovation lourde.
  • L’occasion est pertinente pour un outil mécanique vérifiable ; la location devient souvent plus rationnelle pour un appareil utilisé moins de 2 à 3 fois par an.
  • Le faire soi-même s’arrête avant le gaz, les travaux structurels, les matériaux à risque et toute intervention électrique sous tension.

Depuis le Covid, le bricolage devient plus utile et moins impulsif

La tendance bricolage jardinage France se lit moins dans une disparition des projets que dans leur changement de nature. Le Covid a libéré du temps et rendu le logement plus central ; depuis 2020, beaucoup de particuliers ont conservé l’habitude d’agir eux-mêmes, mais avec des objectifs plus concrets : réparer, réduire l’inconfort, améliorer un coin extérieur ou éviter une dépense de remplacement. Le grand chantier rêvé cède souvent la place à une suite de petites opérations planifiées.

Cette évolution concerne aussi bien les locataires que les propriétaires, mais leurs marges de manœuvre diffèrent. Le locataire privilégie les aménagements démontables, les joints, la peinture avec accord du bailleur si nécessaire et le jardinage en bacs ; le propriétaire peut ajouter isolation, menuiseries ou équipements fixes. Dans les deux cas, la recherche de maîtrise du budget remplace l’achat d’équipements peu utilisés.

Temps consacré au bricolage et au jardinage : des sessions plus courtes, des projets plus réguliers

Il n’existe pas de compteur national unique et stable du nombre d’heures passées à bricoler par foyer. En revanche, le rythme observé est clair : le temps autrefois concentré sur quelques week-ends complets se fragmente en créneaux courts, notamment pour l’entretien, les tutoriels, les achats de pièces et les finitions. Un projet qui paraît modeste peut donc durer plusieurs semaines calendaires sans mobiliser beaucoup d’heures d’affilée.

Comptez 15 à 30 minutes pour resserrer une poignée, reboucher un petit trou ou nettoyer un filtre ; prévoyez une demi-journée pour poser des étagères correctement ou remettre en état une petite terrasse. Peindre une pièce de 15 m² demande généralement 1 à 2 jours avec la préparation et le séchage. Au jardin, l’arrosage, le désherbage et la récolte imposent ensuite une régularité de 1 à 3 heures par semaine en saison, selon la surface.

Trois repères pour dimensionner son temps et son matériel

15 à 30 min
pour une micro-réparation ou un entretien courant hors temps d’achat et de séchage
1 à 2 week-ends
pour une pièce à repeindre ou un potager de départ pour une surface modeste bien préparée
20 à 60 € / jour
pour louer un outil courant de chantier ou de jardin ordre de grandeur, hors consommables et caution

Les projets de bricolage et de jardinage les plus fréquents chez les particuliers

Les projets les plus accessibles répondent à un besoin visible : stopper une fuite, rafraîchir un mur, créer du rangement, entretenir une terrasse ou mieux utiliser un balcon. Le jardinage suit la même logique avec les bacs potagers, les plantations peu gourmandes en eau, le compostage lorsque l’espace le permet et la récupération d’eau de pluie. Ces chantiers ont en commun un budget maîtrisable et un résultat rapide à constater.

Ordres de grandeur des projets les plus courants
ProjetTemps de réalisation par un débutantBudget fournituresPoint de vigilance
Réparer un joint, une chasse d’eau ou une poignée30 min à 3 h20 à 150 €Identifier la référence de la pièce avant l’achat
Peindre une pièce de 15 m²1 à 2 jours80 à 250 €Préparation des murs et nombre de couches
Installer étagères et rangements2 à 5 h40 à 250 €Choisir la fixation selon le mur et la charge
Créer un potager en bacs ou carré de 1 à 4 m²1 week-end, puis entretien régulier80 à 350 €Substrat, drainage et accès à l’eau
Entretenir une terrasse bois ou minéraleUne demi-journée à 1 jour30 à 180 €Produit adapté au matériau, brossage sans excès

Fourchettes indicatives pour des surfaces modestes, hors outillage déjà possédé et hors livraison.

Les travaux d’isolation et de chauffage attirent aussi l’attention parce qu’ils touchent directement au confort et aux dépenses d’énergie. Pourtant, remplacer un joint de fenêtre, calfeutrer une trappe ou purger un radiateur n’a ni le même coût ni le même impact qu’une isolation complète. Il faut donc séparer les gestes d’entretien, réalisables par beaucoup de particuliers, des travaux d’isolation qui exigent un diagnostic du bâti et parfois une entreprise.

Budgets contraints et coût de l’énergie : prioriser avant de rénover

Quand le budget se resserre, le bon réflexe n’est pas de repousser tout entretien. Une petite fuite d’eau, un joint de porte détérioré, une VMC encrassée ou un robinet qui goutte s’aggravent souvent et rendent le logement moins confortable. Établissez plutôt une liste hiérarchisée : sécurité et dégâts d’eau d’abord, performance et confort ensuite, esthétique en dernier.

Les dépenses d’énergie ont renforcé l’intérêt pour les réglages et la maintenance : programmer le chauffage, entretenir les émetteurs, dégager les grilles de ventilation et repérer les entrées d’air parasites. Ces actions sont peu coûteuses, mais elles ne remplacent pas une isolation insuffisante, une menuiserie défaillante ou un système de chauffage en fin de vie. Pour un chantier lourd, demandez au minimum trois devis comparables, avec surfaces, épaisseurs, performances annoncées et traitement des finitions.

Faire soi-même ou confier les travaux : le bon arbitrage

Option A

Faire soi-même

Pour les opérations maîtrisables et réversibles

  • Coût de main-d’œuvre réduit, surtout sur peinture, petits rangements et entretien
  • Choix du rythme et possibilité de fractionner le chantier
  • Apprentissage utile pour les réparations futures
  • Erreurs de mesure ou de support pouvant annuler l’économie
  • Achat d’outils parfois disproportionné pour un usage unique
  • Aucune garantie décennale sur votre propre réalisation

À choisir si Gagnant pour l’entretien, les finitions, les petites réparations et les aménagements non structurels bien préparés.

Option B

Faire faire par un professionnel

Pour les risques, les performances et les ouvrages durables

  • Diagnostic, matériel professionnel et assurance adaptée selon le métier
  • Gain de temps sur les chantiers techniques ou physiquement exigeants
  • Devis permettant de comparer précisément les solutions
  • Budget initial plus élevé
  • Délais et qualité variables : il faut vérifier références et assurances
  • Préparation du logement et coordination restent à votre charge

À choisir si Gagnant pour structure, toiture, gaz, électricité complexe, étanchéité et rénovation énergétique globale.

Le meilleur compromis est souvent mixte : vous préparez, déposez ce qui peut l’être sans risque et réalisez les finitions, tandis qu’un professionnel prend les postes techniques.

Réparer plutôt que remplacer : une pratique installée dans la maison

Réparer plutôt que remplacer est devenu un réflexe économique autant qu’écologique. Une chasse d’eau, une poignée de porte, un siphon, un aspirateur ou une tondeuse peuvent retrouver leur usage avec un joint, une cartouche, une courroie ou une lame, à condition que le corps de l’appareil soit sain et que les pièces restent disponibles. Photographiez la pièce démontée, relevez ses dimensions et conservez les références : c’est ce qui évite les achats incompatibles.

La réparation ne se décide pas au seul prix de la pièce. Comparez le coût total — pièce, livraison, outil spécifique et temps — à la durée de vie restante de l’équipement, à sa consommation et à sa sécurité. Un appareil électrique dont le câble, la protection ou le carter est endommagé ne doit pas être remis en service avec une réparation de fortune.

Occasion et location d’outils : économiser sans acheter à l’aveugle

Les outils d’occasion conviennent bien aux outils manuels, aux établis et à certains outils électroportatifs simples, si vous pouvez les essayer. Vérifiez l’état du câble, de la prise, du carter, des charbons lorsqu’ils sont accessibles, du mandrin et des accessoires de sécurité ; un outil sans protection ou qui chauffe anormalement est à écarter. Pour une perceuse-visseuse, contrôlez aussi le prix réel d’une batterie de remplacement, souvent plus déterminant que le prix d’achat.

La location d’outils est généralement plus rationnelle pour une ponceuse à parquet, un perforateur puissant, un scarificateur, une décolleuse ou une fendeuse utilisés ponctuellement. Elle donne accès à une machine adaptée, mais le prix journalier augmente vite si le chantier n’est pas préparé. Mesurez les surfaces, achetez les consommables à l’avance et réservez une durée réaliste, car un jour de location perdu pour un mur mal préparé reste un jour payé.

Préparer un projet de bricolage rentable et sécurisé en cinq étapes

Pour rénover sans se tromper, commencez par décrire le problème plutôt que par choisir une solution. Une tache d’humidité, par exemple, peut venir d’une fuite, d’une infiltration, d’une condensation ou d’une ventilation insuffisante : repeindre sans traiter la cause ne fait que reporter la dépense. Cette méthode transforme un projet vague en décisions comparables.

La méthode avant achat ou demande de devis

  1. Observer et mesurer

    Photographiez le défaut, mesurez longueurs, surfaces, diamètres et épaisseurs, puis notez le matériau du support.

    Ajoutez une règle sur les photos d’une pièce à commander : l’échelle évite les confusions.

  2. Définir le résultat attendu

    Fixez un objectif mesurable : supprimer une fuite, obtenir 20 cm de rangement, repeindre 15 m² ou cultiver 2 m².

    Distinguez le besoin durable de l’envie d’équipement ; l’outil n’est pas le projet.

  3. Lister les contraintes

    Vérifiez accès, charge à fixer, réseaux, ventilation, règles de copropriété, urbanisme et évacuation des déchets.

    Pour une fixation, identifiez d’abord placo, brique, parpaing ou béton.

  4. Chiffrer trois scénarios

    Comparez réparation, remplacement ou intervention professionnelle en intégrant fournitures, location, livraison, temps et finitions.

    Ajoutez 10 à 15 % de marge sur les consommables et les imprévus mineurs.

  5. Planifier et contrôler

    Commandez les pièces après double vérification, protégez le chantier puis testez le résultat avant de ranger les outils.

    Conservez facture, emballage et photos : ils facilitent un retour, une garantie ou une réparation future.

Le bricolage a des limites nettes. Coupez l’alimentation au disjoncteur avant toute intervention électrique, mais ne modifiez pas un tableau ou une installation complexe sans compétence ; la NF C 15-100 encadre les installations électriques des logements. Une installation neuve ou entièrement rénovée destinée à être raccordée nécessite notamment une attestation de conformité, généralement contrôlée via le Consuel.

La vérification à faire avant de commencer

Une tendance durable : mieux entretenir, mieux choisir, moins stocker

Le bricolage et le jardinage restent des moyens concrets de reprendre la main sur son logement, mais ils deviennent moins synonymes d’accumulation. Le particulier averti entretient avant la panne, achète une pièce avant un appareil, loue avant d’investir et réserve son budget aux travaux qui protègent réellement le bâti ou améliorent l’usage quotidien. Cette sobriété n’empêche pas les projets ambitieux ; elle les rend plus cohérents.

Pour suivre vos propres évolutions, tenez un carnet simple avec date, problème, pièce changée, coût et photo avant-après. Après quelques mois, vous verrez quels outils servent vraiment, quels équipements vieillissent et quels travaux méritent un devis professionnel. C’est souvent plus fiable que de suivre une mode ou de multiplier les achats en prévision d’un chantier hypothétique.

Questions fréquentes Ce que les lecteurs demandent le plus

Pourquoi le bricolage et le jardinage ont-ils progressé depuis le Covid ?

Le temps passé au domicile pendant le Covid a accéléré des projets déjà présents : améliorer le confort, créer un espace de travail, entretenir un extérieur et réparer soi-même. Depuis, la pratique se maintient surtout parce qu’elle répond à des besoins durables de budget, de confort et d’autonomie. Les projets sont toutefois plus ciblés et davantage comparés avant achat.

Combien de temps faut-il prévoir pour les petits travaux de bricolage ?

Prévoyez 15 à 30 minutes pour une opération simple comme resserrer une poignée ou nettoyer un filtre, puis 2 à 5 heures pour des étagères correctement fixées. La peinture d’une pièce de 15 m² prend plutôt 1 à 2 jours, préparation et séchage compris. Ajoutez toujours le temps d’achat, de protection du chantier et de nettoyage.

Quels travaux de bricolage sont les plus rentables à faire soi-même ?

Les petits travaux les plus pertinents à réaliser soi-même sont l’entretien, les réparations accessibles, la peinture, les rangements et les aménagements de jardin légers. Leur coût de fournitures est limité et l’erreur reste généralement rattrapable. Évitez en revanche de chiffrer une rentabilité sur des travaux de structure, de toiture, de gaz ou d’électricité complexe : le risque annule vite l’économie.

Peut-on faire soi-même des travaux d’isolation pour réduire les dépenses d’énergie ?

Vous pouvez réaliser certains gestes simples, comme remplacer des joints fatigués, calfeutrer une trappe accessible ou améliorer l’étanchéité autour d’un passage de câble. Une isolation de murs, de toiture ou de planchers demande en revanche de gérer humidité, ventilation, continuité isolante et finitions. Pour un projet important, faites d’abord diagnostiquer le bâti et comparez des devis détaillés.

Est-il intéressant d’acheter des outils d’occasion ?

Oui, surtout pour les outils manuels et les machines simples que vous pouvez inspecter et essayer. Vérifiez le câble, la prise, les protections, le mandrin, l’absence de jeu excessif et le fonctionnement à vide. Pour un outil sur batterie, renseignez-vous avant l’achat sur le prix et la disponibilité d’une batterie compatible : une batterie introuvable peut rendre une bonne affaire inutilisable.

Faut-il une autorisation pour installer un abri de jardin ou modifier son extérieur ?

Cela dépend de la surface, de l’emplacement, de la commune et des règles locales d’urbanisme. Un abri, une clôture, une terrasse surélevée ou une modification visible depuis l’espace public peuvent nécessiter une déclaration préalable, voire une autre autorisation. Consultez le PLU et la mairie avant d’acheter les matériaux, particulièrement en lotissement, copropriété ou secteur protégé.

Qui écrit cet article ?

La rédaction de Bricolage.fm réunit des rédacteurs spécialisés en travaux, outillage et habitat. Chaque page est construite pour répondre à une question précise, avec des ordres de grandeur vérifiables et les limites d’intervention rappelées. Nos principes de publication sont détaillés dans notre charte éditoriale.

Les prix, durées et quantités sont des ordres de grandeur pour un chantier courant en France. Ils varient selon la région, l’accessibilité et l’état du support. Toute intervention sur le gaz, une installation électrique sous tension, une structure porteuse ou un matériau amianté relève d’un professionnel qualifié.

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