Murs & Sols Tutoriel
Poser du carrelage mural dans une salle de bain
Un mur de salle de bain se carrelle sur un support plan à 5 mm près sous une règle de 2 m, avec un mortier-colle de classe C2 et un tasseau de départ vissé de niveau, le premier rang bas se posant toujours en dernier. Dans la douche, la vraie difficulté n’est pas la pose : c’est l’étanchéité placée sous le carrelage, car la faïence et son joint ne sont pas étanches à eux seuls.
L’essentiel
8 min de lecture- Le carrelage n’étanche rien : dans les zones d’aspersion directe, une protection à l’eau sous carrelage, natte ou résine, doit être appliquée avant la colle.
- Support plan à 5 mm près sous une règle de 2 m, propre, sec et non farinant ; en pièce humide, plaques hydrofuges ou enduit adapté plutôt que du plâtre ordinaire.
- Mortier-colle de classe C2 en salle de bain, C2S1 déformable sur support bois ou pour les grands formats ; peigne de 6 mm en petit format, 8 à 10 mm en 30 × 60.
- Simple encollage jusqu’à 900 cm² environ, double encollage au-delà et systématiquement dans la douche : l’objectif est un taux de contact proche de 100 %.
- Tasseau de départ vissé de niveau au bas du deuxième rang : le rang inférieur, souvent coupé, se pose en dernier après dépose du tasseau.
- Angles, jonctions avec la baignoire et le bac : mastic silicone sanitaire, jamais de mortier de joint, ces liaisons doivent rester souples pour absorber les mouvements.
- Jointoiement après 24 h, mise en eau de la douche après 7 jours : la colle doit être sèche à cœur avant le premier ruissellement.
Outils
- niveau laser ou niveau à bulle de 1 m, règle de 2 m
- peigne crénelé de 6, 8 ou 10 mm et truelle
- malaxeur sur perceuse et seau de gâchage
- carrelette manuelle pour les coupes droites
- meuleuse avec disque diamant et scie-cloche pour les percements
- croisillons de 2 mm, cales et tasseau de départ
- raclette caoutchouc, éponge à joint et grande éponge
- pistolet à cartouche pour le silicone
Fournitures
- faïence ou grès cérame mural, quantité majorée de 10 %
- mortier-colle C2 (C2S1 sur support déformable)
- natte d’étanchéité ou résine et bandes d’angle pour la zone de douche
- primaire d’accrochage adapté au support
- mortier de jointoiement hydrofuge
- mastic silicone sanitaire anti-moisissure
- profilés de finition d’angle si vous ne coupez pas d’onglet
Résultat attendu Un mur carrelé d’aplomb, aux joints réguliers, avec des coupes réparties symétriquement et une étanchéité continue derrière la zone de douche.
Carreler un mur de salle de bain paraît simple : de la colle, des carreaux, des croisillons. C’est vrai pour la pose elle-même, qui s’apprend en un mur. Ce qui fait la différence entre un carrelage qui tient trente ans et un chantier à refaire dans trois, ce sont deux choses invisibles une fois terminé, la préparation du support et l’étanchéité placée dessous.
Le malentendu le plus coûteux tient en une phrase : le carrelage n’est pas étanche. Le grès cérame l’est presque, le joint ne l’est pas du tout, et l’eau qui traverse un joint fissuré va directement dans la cloison. Dans une douche, l’étanchéité est une couche à part entière, appliquée avant la colle.
Préparer le support : plan, sec et adapté à l’humidité
Trois exigences, dans cet ordre. La planéité d’abord : posez une règle de 2 m sur le mur, dans plusieurs directions. L’écart admissible est de 5 mm sous cette règle. Au-delà, la colle ne rattrapera pas, un mortier-colle travaille dans une épaisseur de quelques millimètres, pas comme un enduit de rebouchage.
La nature du support ensuite. Une plaque de plâtre ordinaire n’a rien à faire dans une salle de bain : il faut une plaque hydrofuge, reconnaissable à son parement vert ou bleu selon les fabricants, ou une plaque de ciment dans la douche. Sur un ancien mur, un enduit farinant ou une peinture qui se décolle se retire intégralement, le carrelage ne tient qu’à ce qui le porte.
La propreté enfin. Poussière, traces de plâtre, résidus de colle de l’ancien revêtement : tout part au grattoir et à l’aspirateur, puis un primaire d’accrochage adapté au support est appliqué. Sur support très absorbant, ce primaire évite que le plâtre ne pompe l’eau de la colle avant qu’elle n’ait pris.
L’étanchéité sous carrelage : le point non négociable
Dans les zones d’aspersion directe, les parois de la douche, le pourtour immédiat de la baignoire, une protection à l’eau sous carrelage doit être posée avant la colle. Deux familles cohabitent : les nattes souples, que l’on colle au mur puis sur lesquelles on carrelle directement, et les résines ou systèmes liquides, appliqués au rouleau en deux couches croisées.
Le point critique n’est jamais la surface courante mais les singularités : angles rentrants, jonction mur-receveur, traversées de robinetterie. Ces zones se traitent avec les bandes et manchettes fournies dans le système, marouflées dans la résine fraîche ou collées sur la natte. Une étanchéité parfaite sur 95 % du mur et absente dans l’angle de douche ne sert à rien : c’est exactement là que l’eau ruisselle.
Hors zone de douche, sur les murs simplement exposés à la vapeur, cette protection n’est pas exigée. Un support hydrofuge, une colle adaptée et des joints soignés suffisent. Inutile d’étancher toute la pièce : mieux vaut concentrer l’effort et le budget là où l’eau tombe réellement.
Trois seuils à retenir
- 5 mm
- planéité maximale du support mesurée sous une règle de 2 m, dans plusieurs directions
- 900 cm²
- seuil du double encollage soit environ 30 × 30 cm ; systématique dans la douche
- 7 jours
- avant la première douche 24 h suffisent en revanche avant de jointoyer
Colle, peigne et encollage : accorder les trois
Le mortier-colle se lit par sa classe. C1 désigne une colle normale, C2 une colle améliorée, c’est le minimum en salle de bain. La lettre S indique la déformabilité : S1 pour un support qui travaille, plaque de plâtre sur ossature ou panneau bois, S2 pour les cas extrêmes. Un carrelage mural de salle de bain se pose en C2, et en C2S1 dès que le support est susceptible de bouger.
Les colles en pâte, prêtes à l’emploi, conviennent à de la petite faïence en pièce sèche ou faiblement humide. Dans une douche, on leur préfère un mortier-colle en poudre : sa résistance en milieu humide permanent n’est pas comparable.
Mortier-colle en poudre ou colle en pâte
Mortier-colle en poudre
À gâcher, classes C1 à C2S2
- Seule option crédible en zone de douche et sur grands formats
- Tient l’épaisseur, rattrape les défauts millimétriques du support
- Coût au mètre carré nettement inférieur
- Prise chimique : elle durcit même en ambiance humide
- Se gâche par petites quantités, durée de vie en seau d’environ 2 h
- Demande un malaxeur et un temps de repos avant emploi
- Nettoyage des outils plus contraignant
À choisir si Le choix par défaut dès qu’il y a de l’eau, du volume ou du grand format.
Colle en pâte
Prête à l’emploi, en seau
- Aucune préparation, on ouvre et on pose
- Temps ouvert plus confortable pour un débutant
- Pratique pour une petite crédence ou quelques carreaux à remplacer
- Séchage par évaporation : inadaptée aux fortes épaisseurs
- Déconseillée en zone d’aspersion directe
- Limitée aux formats modestes et aux supports très plans
- Prix au mètre carré sensiblement plus élevé
À choisir si Acceptable pour de la faïence en pièce peu humide, hors douche et hors grand format.
Pour une salle de bain complète, prenez un C2 en poudre, et un C2S1 si vous carrelez sur plaques. La colle en pâte garde son intérêt pour les reprises ponctuelles et les petites surfaces à l’écart de l’eau.
| Format du carreau | Denture du peigne | Encollage | Largeur de joint |
|---|---|---|---|
| Petite faïence jusqu’à 20 × 20 | 6 mm | Simple | 1,5 à 2 mm |
| 25 × 40 et 30 × 30 | 8 mm | Simple, double en douche | 2 mm |
| 30 × 60 | 8 à 10 mm | Double | 2 mm |
| 60 × 60 et au-delà | 10 à 12 mm | Double | 3 mm |
| Mosaïque sur trame | 4 à 6 mm | Simple | 2 mm, selon la trame |
Le double encollage consiste à peigner le mur et à beurrer le dos du carreau. L’objectif est un contact quasi total : décollez un carreau témoin après pose pour vérifier qu’il ne reste pas de zones creuses.
Le calepinage : décider avant de coller
Un carrelage réussi se joue avant le premier carreau. Mesurez la largeur du mur, divisez par la largeur d’un carreau joint compris, et regardez ce qui reste. Si la chute tombe à quelques centimètres, vous obtiendrez une bande ridicule dans un angle, le défaut le plus visible qui soit.
La règle est de répartir : on décale le calepinage d’une demi-largeur pour obtenir deux coupes égales aux deux extrémités, et l’on s’arrange pour qu’aucune coupe ne descende sous le tiers d’un carreau, idéalement pas sous la moitié. Deux coupes symétriques de 15 cm sont invisibles ; une bande de 3 cm dans un angle saute aux yeux.
Réfléchissez aussi à ce qui va s’imposer au regard. Un mur de douche mérite d’être calepiné pour lui-même, avec un carreau entier en partie haute. Autour d’une fenêtre ou d’un miroir, on cale plutôt le calepinage sur l’élément. Et si la pièce comporte plusieurs murs, décidez lequel commande les autres.
La pose, rang par rang
Carreler un mur de salle de bain
-
Tracer et visser le tasseau de départ
Repérez le point le plus haut du sol, remontez de la hauteur d’un carreau plus un joint, et tracez une horizontale au niveau laser sur tout le mur. Vissez un tasseau bien droit sous ce trait : il portera le deuxième rang.
Ne prenez jamais le sol comme référence : il n’est jamais de niveau, et un premier rang posé dessus fait dériver tout le mur.
-
Tracer l’axe vertical du calepinage
Reportez au fil à plomb ou au laser la verticale décidée au calepinage. C’est elle qui garantit que les coupes seront symétriques aux deux extrémités.
Tracez aussi la verticale d’un joint tous les trois ou quatre carreaux : vous rattraperez une dérive avant qu’elle ne devienne visible.
-
Gâcher la colle et la laisser reposer
Malaxez jusqu’à obtenir une pâte homogène sans grumeaux, laissez reposer cinq minutes, puis remalaxez brièvement. Ce temps de repos, souvent sauté, développe les adjuvants de la colle.
Gâchez par quantités de 5 à 6 litres : au-delà, la colle durcit dans le seau avant d’être posée.
-
Peigner et poser le premier rang sur le tasseau
Étalez la colle sur environ un mètre carré, peignez en lignes régulières et parallèles, puis posez chaque carreau en le pressant avec un léger mouvement de va-et-vient perpendiculaire aux sillons pour les écraser.
Le mouvement de va-et-vient chasse l’air : un carreau simplement plaqué garde des poches de vide sous lui.
-
Croisillonner et contrôler en continu
Posez les croisillons à chaque angle, et contrôlez au niveau tous les deux ou trois carreaux, en horizontal comme en vertical. Passez la règle de 2 m à plat sur le parement pour détecter un carreau qui ressort.
Un carreau qui dépasse se rattrape dans les dix minutes ; après, il faut le déposer et refaire la colle.
-
Monter les rangs et traiter les découpes
Progressez rang par rang. Les coupes droites se font à la carrelette, les découpes d’angle et les percements à la meuleuse ou à la scie-cloche diamantée, de préférence à l’eau.
Coupez toujours face émaillée vers le haut à la carrelette : l’éclat se produit sur la face inférieure.
-
Poser le rang du bas en dernier
Une fois la colle prise, retirez le tasseau et mesurez la hauteur réelle disponible carreau par carreau, le sol n’étant pas de niveau, chaque coupe est différente. Posez ce rang en dernier.
Laissez 2 à 3 mm de jeu au sol : ce joint sera fait au silicone, pas au mortier.
-
Jointoyer après 24 h
Appliquez le mortier de jointoiement à la raclette caoutchouc en diagonale des joints, laissez tirer une quinzaine de minutes, puis nettoyez à l’éponge humide bien essorée en travaillant en cercles.
Le voile de ciment restant s’élimine au chiffon sec le lendemain, jamais à l’acide sur des joints frais.
Les joints : rigides en surface, souples aux liaisons
C’est une distinction que beaucoup ignorent, et elle explique la plupart des fissures. Les joints entre carreaux se font au mortier de jointoiement, hydrofuge en salle de bain. Mais toutes les liaisons entre deux éléments différents, angle rentrant entre deux murs, jonction mur-receveur, contour de baignoire, raccord avec le sol, se font au mastic silicone sanitaire.
La raison est mécanique. Ces liaisons subissent des mouvements : dilatation, tassement, déformation d’une baignoire qui se remplit de 150 litres puis se vide. Un mortier rigide y fissure inévitablement, et la fissure laisse passer l’eau. Un silicone souple absorbe le mouvement.
Choisissez un silicone sanitaire à fongicide, appliquez-le sur des surfaces sèches et lissez-le d’un geste continu au doigt savonneux ou à la spatule. Un joint silicone se refait tous les cinq à dix ans : c’est une pièce d’usure, pas une finition définitive. Pour l’entretien courant, les produits adaptés sont détaillés dans notre article sur les produits pour nettoyer le carrelage.
Avant de refermer le chantier
Une dernière remarque sur le choix des carreaux. La faïence murale émaillée reste le standard, économique et facile à couper ; le grès cérame, plus dense et moins poreux, se justifie surtout au sol et dans les douches très sollicitées. La différence de porosité entre ces familles est expliquée dans notre article sur ce qu’est un carrelage émaillé, et si votre projet consiste finalement à rafraîchir l’existant sans tout déposer, peindre du carrelage mural reste une option honnête hors zone de douche.
Questions fréquentes Ce que les lecteurs demandent le plus
Faut-il une étanchéité sous le carrelage d’une douche ?
Oui, dans toutes les zones d’aspersion directe. Le carrelage n’est pas étanche : le joint laisse passer l’eau, qui va ensuite dans la cloison. Une natte souple ou une résine en deux couches croisées s’applique avant la colle, avec les bandes d’angle et les manchettes du système aux points singuliers, angles, jonction mur-receveur, traversées de robinetterie. Hors zone de douche, un support hydrofuge et des joints soignés suffisent.
Par où commencer pour carreler un mur de salle de bain ?
Par un tasseau vissé de niveau, à la hauteur du bas du deuxième rang, jamais par le sol : celui-ci n’est jamais horizontal et un premier rang posé dessus fait dériver tout le mur. Le rang du bas se pose en dernier, après dépose du tasseau, chaque carreau étant recoupé à la hauteur réellement disponible. Tracez également une verticale de référence issue de votre calepinage.
Quelle colle utiliser pour du carrelage mural en salle de bain ?
Un mortier-colle de classe C2 au minimum, et C2S1 déformable si le support est une plaque sur ossature ou un panneau bois. Les colles en pâte prêtes à l’emploi conviennent à de la petite faïence en pièce peu humide, mais pas à une zone de douche ni aux grands formats : leur séchage se fait par évaporation, ce qui les rend inadaptées aux fortes épaisseurs et à l’humidité permanente.
Combien de temps attendre avant de faire les joints ?
Vingt-quatre heures après la pose, le temps que la colle ait suffisamment pris pour que les carreaux ne bougent plus. Comptez ensuite sept jours complets avant la première mise en eau de la douche : la colle doit être sèche à cœur avant le premier ruissellement. Un jointoiement trop précoce arrache les carreaux ; une douche trop précoce ruine la prise de la colle.
Peut-on poser du carrelage sur un ancien carrelage mural ?
Oui, si l’existant est parfaitement adhérent, tout carreau qui sonne creux au tapotement doit être déposé, dégraissé à fond et traité avec un primaire d’accrochage spécifique. Vérifiez avant de commencer que la surépaisseur de deux carrelages superposés ne gênera pas l’ouverture d’une porte, la pose d’un bâti de WC ou le tablier de la baignoire.
Quelle largeur de joint pour de la faïence murale ?
De 1,5 à 2 mm pour de la petite faïence et les formats courants, 3 mm à partir du 60 × 60. Un joint plus fin ne laisse aucune tolérance aux variations dimensionnelles des carreaux et rend le moindre défaut d’alignement visible. Les liaisons entre éléments différents, angles rentrants, sol, pourtour de baignoire, ne se traitent pas au mortier mais au mastic silicone sanitaire.
Pourquoi mes carreaux se décollent-ils au bout de quelques mois ?
Trois causes reviennent presque toujours. La colle a croûté avant la pose, parce que plus d’un mètre carré avait été peigné d’avance, passé 20 à 30 minutes de temps ouvert, le contact réel est nul. Le support était farinant, poussiéreux ou non primairisé. Ou l’encollage était simple là où le format imposait un double encollage, laissant des poches de vide sous le carreau.
Qui écrit cet article ?
La rédaction de Bricolage.fm réunit des rédacteurs spécialisés en travaux, outillage et habitat. Chaque page est construite pour répondre à une question précise, avec des ordres de grandeur vérifiables et les limites d’intervention rappelées. Nos principes de publication sont détaillés dans notre charte éditoriale.
Les prix, durées et quantités sont des ordres de grandeur pour un chantier courant en France. Ils varient selon la région, l’accessibilité et l’état du support. Toute intervention sur le gaz, une installation électrique sous tension, une structure porteuse ou un matériau amianté relève d’un professionnel qualifié.
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