Maçonnerie Tutoriel
Refaire les joints d’un mur en pierre à la chaux : dégarnissage, dosage et finition
Refaire les joints d’un mur en pierre demande trois décisions et un seul geste délicat : dégarnir l’ancien mortier sur au moins deux à trois fois la largeur du joint, gâcher une chaux plus tendre que la pierre, NHL 2 à l’abri, NHL 3,5 en façade exposée, NHL 5 en soubassement, puis garnir en deux passes sur un support humidifié. Le geste délicat, c’est le brossage : trop tôt il déchausse le sable, trop tard il laisse une peau lisse et fermée. Comptez une journée pour 4 à 6 m² de mur, dégarnissage compris.
L’essentiel
11 min de lecture- Proscrivez le ciment : plus dur et plus étanche que la pierre calcaire, il concentre l’humidité dans le moellon, qui gèle et se délite. Le joint doit toujours rester le point faible du mur.
- Dégarnissez sur 2 à 3 fois la largeur du joint, avec un minimum de 2 cm et un objectif de 3 à 4 cm : un joint garni sur 1 cm se décolle en quelques années.
- Dosage courant : 1 volume de chaux pour 2,5 à 3 volumes de sable 0/4, gâché ferme, à la consistance d’une terre légèrement humide qui tient en boule sans couler.
- Choisissez la chaux selon l’exposition : NHL 2 pour l’intérieur et l’abri, NHL 3,5 pour une façade courante, NHL 5 pour un soubassement en contact avec l’eau.
- Ne travaillez jamais sous 5 °C ni au-delà de 30 °C, ni en plein soleil ou grand vent : un mortier de chaux qui sèche avant d’avoir pris reste pulvérulent.
- Comptez 20 à 30 kg de mortier et 25 à 45 € de fournitures par mètre carré de mur, pour un rendement de 4 à 6 m² par jour et par personne.
Outils
- gouge à joint, grattoir triangulaire, burin plat de 10 à 20 mm et massette de 800 g
- brosse métallique à poils laiton ou inox souple, brosse de chiendent
- aspirateur de chantier à filtre fin ou pulvérisateur d’eau basse pression
- auge de maçon, malaxeur sur perceuse ou petite bétonnière
- truelle langue de chat, fer à joint, plateau à garnir ou berthelet
- éponge dense, seau d’eau claire, bâche d’ombrage et toile de jute
- masque FFP3, lunettes fermées, gants imperméables, casque en pied de mur
Fournitures
- chaux hydraulique naturelle NHL 2, NHL 3,5 ou NHL 5 selon l’exposition
- chaux aérienne CL 90 en pâte ou en poudre pour les mortiers d’intérieur
- sable de rivière 0/4 lavé, plus un sable 0/2 pour les joints fins
- sable local ou poudre de pierre pour caler la teinte
- eau claire, non calcaire de préférence
- cales de pierre plate et éclats de moellon pour rattraper les joints profonds
- toile de jute ou bâche microperforée pour la cure
Résultat attendu Un mur dont les joints sont pleins, perméables à la vapeur, plus tendres que la pierre, et qui rendent l’humidité au lieu de l’enfermer.
Au sommaire (7 sections)
- Pourquoi la chaux, et pourquoi jamais le ciment
- Choisir sa chaux selon l’exposition du mur
- Dégarnir : le geste qui conditionne tout le reste
- Gâcher le mortier : ferme, jamais liquide
- Garnir en deux passes et brosser au bon moment
- Choisir la finition : brossée, grattée ou affleurante
- Budget, rendement et arbitrage avec un professionnel
Pourquoi la chaux, et pourquoi jamais le ciment
Un mur ancien en moellons n’a pas d’étanchéité : il prend l’eau, la stocke et la restitue par évaporation. Tout l’équilibre repose sur le joint, qui doit être plus tendre et plus ouvert à la vapeur que la pierre elle-même. Un mortier de chaux hydraulique naturelle atteint 2 à 5 MPa de résistance en compression, là où un mortier bâtard au ciment monte à 10 ou 15 MPa et une pierre calcaire tendre plafonne souvent entre 8 et 20 MPa. Avec de la chaux, l’eau sort par le joint et le joint s’use : on le refait tous les cinquante à quatre-vingts ans, ce qui est exactement le programme.
Avec du ciment, la logique s’inverse. Le joint devient la partie la plus dure et la plus imperméable du mur : l’eau ne peut plus sortir par lui, elle migre dans le moellon, s’y accumule, gèle en hiver et fait éclater la pierre par plaques. Le symptôme est facile à reconnaître sur une façade rejointoyée au ciment dans les années soixante-dix : des joints en relief, intacts, encadrant des pierres creusées, farineuses, parfois évidées de deux ou trois centimètres. Le mur ne s’est pas abîmé malgré le rejointoiement, il s’est abîmé à cause de lui.
Trois repères avant de commander les sacs
- 2 à 3 ×
- la largeur du joint, c’est la profondeur de dégarnissage à viser Soit 2 cm au strict minimum, 3 à 4 cm pour un travail durable sur un mur de moellons.
- 1 pour 3
- un volume de chaux pour trois volumes de sable Descendez à 1 pour 2,5 sur un mur très exposé, remontez à 1 pour 3,5 pour un mortier d’intérieur souple.
- 20 à 30 kg
- mortier consommé par mètre carré de mur de moellons Ordre de grandeur pour des joints de 2 cm de large garnis sur 3 cm de profondeur. Un appareil très irrégulier fait grimper la valeur.
Choisir sa chaux selon l’exposition du mur
Les chaux de construction se classent selon la norme européenne qui les régit : d’un côté les chaux aériennes, notées CL, qui durcissent lentement au contact du gaz carbonique de l’air ; de l’autre les chaux hydrauliques naturelles, notées NHL, suivies d’un chiffre qui indique leur résistance à vingt-huit jours en mégapascals. NHL 2 est la plus tendre, NHL 5 la plus résistante. La règle de choix tient en une phrase : prenez la chaux la plus faible qui tienne dans la situation, jamais la plus forte disponible.
| Situation du mur | Liant conseillé | Dosage courant chaux / sable | Pourquoi |
|---|---|---|---|
| Mur intérieur, cave saine, pierre tendre | CL 90 seule, ou CL 90 additionnée d’un tiers de NHL 2 | 1 / 3 | Souplesse maximale et perméabilité à la vapeur, aucune contrainte mécanique |
| Façade abritée, sous débord de toit, pierre tendre | NHL 2 | 1 / 3 | Prise assurée même sans grand ensoleillement, dureté proche du calcaire tendre |
| Façade courante exposée à la pluie | NHL 3,5 | 1 / 2,5 à 1 / 3 | Le compromis le plus employé en rénovation de moellons |
| Soubassement, mur de soutènement, pied de mur humide | NHL 5 | 1 / 2,5 | Prise rapide en milieu humide et meilleure tenue aux ruissellements |
| Pierre dure : granit, grès siliceux, basalte | NHL 3,5 ou NHL 5 | 1 / 2,5 | La pierre supporte un joint plus résistant sans risque d’épaufrure |
| Mur classé, enduit patrimonial, appareil remarquable | À définir avec l’architecte du patrimoine | , | Les prescriptions locales priment sur toute règle générale |
Dosages exprimés en volumes, pour un sable 0/4 lavé. Ce sont des ordres de grandeur de chantier : ajustez d’un demi-volume selon la teinte recherchée et la finesse du sable disponible.
Le sable compte autant que le liant. Un sable de rivière lavé, roulé, de granulométrie 0/4, donne un mortier qui se travaille bien et qui ne fissure pas au retrait. Pour des joints fins de moins d’un centimètre, descendez à un 0/2. Et si vous cherchez à retrouver la teinte d’origine, elle vient du sable, jamais d’un colorant : prélevez un échantillon de l’ancien joint, cherchez un sable local de la même couleur, et faites systématiquement trois plaques d’essai de teintes voisines sur une zone peu visible. Un mortier de chaux s’éclaircit fortement en séchant, puis continue de bouger pendant plusieurs semaines pendant sa carbonatation : jugez la teinte à un mois, jamais le lendemain.
Dégarnir : le geste qui conditionne tout le reste
C’est l’étape la plus longue, la plus salissante, et celle que l’on bâcle le plus souvent. Un joint dégarni sur un centimètre ne tiendra pas : le mortier neuf n’a pas assez d’ancrage, il se rétracte en séchant et se décolle en cloques dans les trois à cinq ans. La cible est simple : deux à trois fois la largeur du joint, avec un minimum absolu de 2 cm et un objectif confortable de 3 à 4 cm. Sur un mur de moellons dont les joints font 2 à 3 cm de large, cela signifie descendre à 4 ou 6 cm, ce qui paraît énorme tant qu’on ne l’a pas fait une fois.
- Travaillez à la main autant que possible : gouge à joint, grattoir triangulaire, burin plat et massette légère. Le geste va du haut vers le bas, jamais en levier contre la pierre.
- Évitez la disqueuse. Elle mord la pierre, laisse des traits droits visibles à vie sur un appareil irrégulier, projette une poussière de silice massive et élargit les joints au lieu de les creuser.
- Le meuleur électrique à joints, avec aspiration intégrée, ne se justifie que sur un appareil très régulier à joints rectilignes, et toujours suivi d’une reprise manuelle au burin.
- Arrêtez-vous quand vous atteignez un mortier sain, ferme, qui résiste à la pointe. Inutile de vider le mur : le joint de cœur doit rester en place.
- Purgez tout ce qui est pulvérulent, sableux ou décollé, y compris derrière une pierre qui sonne creux, et retirez les éclats de brique ou de tuile mal calés.
- Dépoussiérez à fond : brosse de chiendent, puis aspirateur à filtre fin ou soufflette, puis rinçage au pulvérisateur. Un joint garni sur de la poussière ne colle sur rien.
Si la façade est encrassée ou couverte d’un ancien enduit, traitez le nettoyage avant le dégarnissage, en choisissant un procédé compatible avec la pierre, nos méthodes pour nettoyer une façade avant rénovation détaillent ce qui est admissible et ce qui abîme définitivement le parement. À l’inverse, si le mur présente des fissures traversantes, des pierres descellées ou un ventre visible, le rejointoiement n’est pas la réponse : ces désordres relèvent d’une reprise structurelle qu’il faut diagnostiquer avant tout travail de finition.
Gâcher le mortier : ferme, jamais liquide
Un mortier de chaux à joint se gâche beaucoup plus sec qu’un mortier de montage. La bonne consistance est celle d’une terre légèrement humide : serrée dans la main, elle tient en boule et garde l’empreinte des doigts, sans laisser couler une goutte d’eau. C’est déroutant la première fois, parce que le mortier semble impossible à mettre en œuvre, puis on découvre qu’il se comprime dans le joint au lieu de s’en échapper. Un mortier trop mouillé fait exactement l’inverse : il coule sur la pierre, tache le parement, se rétracte en séchant et fissure au milieu du joint.
- Mesurez en volumes avec un seau, jamais à la pelletée : 1 volume de chaux pour 2,5 à 3 volumes de sable selon l’exposition retenue.
- Mélangez d’abord chaux et sable à sec, jusqu’à obtenir une couleur parfaitement homogène, sans veine claire ni foncée.
- Ajoutez l’eau très progressivement, par petites doses, en malaxant entre chaque ajout. On dépasse la bonne consistance en une demi-minute d’inattention.
- Laissez reposer la gâchée dix à quinze minutes, puis remalaxez sans rajouter d’eau : le mortier devient nettement plus onctueux et plus facile à serrer.
- Gâchez de petites quantités, de l’ordre d’un demi-seau, et n’utilisez jamais un mortier qui a commencé à prendre en le rebattant à l’eau.
- Notez le dosage exact et le sable employé sur un carnet : reprendre la teinte six mois plus tard sans cette note relève de la loterie.
Garnir en deux passes et brosser au bon moment
La séquence complète, joint par joint
-
Calez les joints profonds avec de la pierre
Au-delà de 4 cm de profondeur, glissez des éclats de moellon ou des cales de pierre plate dans le mortier de la première passe. Un joint entièrement rempli de mortier sur 6 cm se rétracte et fissure.
Récupérez les éclats produits pendant le dégarnissage : ils ont exactement la bonne teinte et la bonne dureté.
-
Serrez la première passe au fer
Chargez la truelle langue de chat depuis le plateau et poussez le mortier au fond du joint en le comprimant fermement. Remplissez jusqu’aux deux tiers de la profondeur, sans chercher la finition.
C’est la pression qui fait l’adhérence, pas la quantité. Repassez deux fois au fer plutôt que d’ajouter du mortier.
-
Attendez le raffermissement
Laissez la première passe durcir de quelques heures à une journée selon la température et l’exposition, jusqu’à ce qu’elle résiste à la pression du pouce sans s’enfoncer.
Sur une façade au soleil, protégez la première passe d’une bâche d’ombrage, sinon elle sèche sans prendre.
-
Garnissez la passe de finition
Remplissez le joint jusqu’au niveau souhaité, en serrant à nouveau au fer. Sur un mur de moellons, visez un joint légèrement en retrait, laissant la pierre affleurer ou dépasser de 2 à 3 mm.
Ne beurrez jamais la pierre pour élargir visuellement le joint : ce faux appareil se décolle en plaques et se voit immédiatement.
-
Brossez au moment exact
Quand le mortier prend l’empreinte du pouce sans coller au doigt, de deux à vingt-quatre heures selon le liant et la météo, brossez à la brosse laiton en mouvements circulaires légers pour dégager le grain du sable.
Faites un essai sur trente centimètres. Si le sable se déchausse, il est trop tôt ; si la brosse glisse sans mordre, il est déjà tard.
-
Nettoyez le parement à l’éponge
Passez une éponge dense bien essorée, rincée souvent dans l’eau claire, pour ôter le voile de laitance sur la pierre. Changez l’eau dès qu’elle devient laiteuse.
Une éponge trop mouillée relaie le laitier sur toute la façade et laisse un voile blanc que seul un acide dilué enlèvera, au prix de la pierre.
-
Assurez la cure pendant plusieurs jours
Voilez le mur d’une toile de jute humidifiée ou brumisez deux fois par jour pendant trois à sept jours. La chaux a besoin d’eau pour faire sa prise, et le vent est plus dangereux que le soleil.
Par temps sec et venteux, une simple bâche microperforée tendue à vingt centimètres du mur suffit à couper l’évaporation.
Choisir la finition : brossée, grattée ou affleurante
La finition n’est pas qu’une affaire de goût : elle décide de la manière dont l’eau ruisselle sur la façade. Un joint creusé en gorge retient l’eau et la neige ; un joint en saillie fait un rebord qui la conduit vers la pierre ; un joint affleurant ou très légèrement en retrait, brossé pour rester ouvert, laisse l’eau glisser et le mur respirer. Sur un mur ancien en moellons irréguliers, la finition brossée légèrement en retrait est celle qui vieillit le mieux et qui se raccorde le plus discrètement aux joints anciens conservés.
Finition brossée ou finition lissée au fer
Joint brossé, légèrement en retrait
Le grain du sable est dégagé, la surface reste ouverte
- Perméabilité à la vapeur maximale, l’eau ressort par le joint
- Se fond avec les joints anciens conservés sur le reste du mur
- Met la pierre en valeur en la laissant affleurer
- Masque les petites irrégularités d’un appareil de moellons
- Fenêtre de brossage étroite, quelques heures seulement
- Retient un peu plus les poussières en milieu urbain
- Demande un mortier bien dosé, sinon le sable se déchausse
À choisir si Le choix par défaut sur un mur de moellons ancien, en façade comme à l’intérieur.
Joint lissé au fer
La surface est serrée et refermée à la truelle
- Aspect net et régulier sur un appareil taillé à joints rectilignes
- Salit moins en environnement poussiéreux
- Pas de créneau de brossage à surveiller
- La peau de laitance ferme partiellement le joint à la vapeur
- Souligne le moindre défaut d’alignement sur un mur irrégulier
- Contraste durement avec les joints anciens laissés en place
À choisir si Réservé aux pierres de taille à joints fins et réguliers, où la géométrie fait partie de l’architecture.
Sur du moellon, brossez. Sur de la pierre de taille appareillée, le fer se défend. Dans les deux cas, tranchez sur une zone d’essai d’un mètre carré vue à distance, pas sur un joint isolé regardé à trente centimètres.
Budget, rendement et arbitrage avec un professionnel
Un sac de 25 kg de chaux hydraulique naturelle se situe couramment entre 15 et 25 €, un sac de sable lavé entre 4 et 8 €. À raison de 20 à 30 kg de mortier par mètre carré de mur de moellons, les fournitures reviennent à un ordre de grandeur de 25 à 45 € le mètre carré, auquel il faut ajouter l’échafaudage si le mur dépasse la hauteur d’un tréteau. En face, un rejointoiement à la chaux confié à une entreprise se situe généralement dans une fourchette large, de l’ordre de 60 à 120 € le mètre carré selon la région, l’état du mur, l’accès et la finition demandée.
Le vrai coût, c’est le temps. Un bricoleur méthodique traite 4 à 6 m² par jour, dégarnissage compris, et le dégarnissage à lui seul représente la moitié à deux tiers de cet effort. Une façade de 60 m² représente donc dix à quinze jours de travail effectif, étalés sur une saison si l’on veut respecter les temps de cure. La question n’est pas de savoir si le geste est accessible, il l’est, et il pardonne davantage qu’un enduit, mais si vous avez ces journées devant vous et l’échafaudage pour les passer en sécurité.
Les sept erreurs qui se paient dans les cinq ans
Une fois les joints refaits, le mur redevient un ouvrage qui gère lui-même son humidité, à condition qu’on ne lui applique ensuite ni peinture filmogène ni hydrofuge de surface. Si la maçonnerie voisine appelle d’autres reprises, la logique reste la même, le mortier doit rester adapté au support, comme l’expliquent nos repères pour obtenir un mortier et un béton solides et notre méthode pour réparer une fissure sur un mur extérieur. Et si le chantier vous a donné le goût du moellon, construire un muret est la suite naturelle : mêmes gestes, mêmes dosages, avec la liberté du neuf en plus.
Questions fréquentes Ce que les lecteurs demandent le plus
Quelle profondeur faut-il dégarnir avant de refaire un joint à la chaux ?
Visez deux à trois fois la largeur du joint, avec 2 cm de minimum absolu et 3 à 4 cm comme objectif sur un mur de moellons. En dessous, le mortier neuf n’a pas assez d’ancrage : il se rétracte en séchant et se décolle en cloques dans les trois à cinq ans. Arrêtez-vous dès que vous atteignez un mortier de cœur sain qui résiste à la pointe, sans chercher à vider le mur.
Quel dosage chaux sable pour un joint de mur en pierre ?
Un volume de chaux pour 2,5 à 3 volumes de sable 0/4 lavé couvre la grande majorité des cas : 1 pour 3 en façade abritée ou à l’intérieur, 1 pour 2,5 sur un mur exposé à la pluie ou en soubassement. Mesurez au seau, mélangez à sec jusqu’à couleur homogène, puis ajoutez l’eau par petites doses pour obtenir une consistance de terre humide, ferme et non coulante.
Quelle chaux choisir : NHL 2, NHL 3,5 ou NHL 5 ?
NHL 2 pour l’intérieur et les façades abritées sur pierre tendre, NHL 3,5 pour une façade courante exposée à la pluie, c’est le choix le plus fréquent en rénovation, NHL 5 pour un soubassement, un pied de mur humide ou une pierre dure comme le granit. Le chiffre indique la résistance à vingt-huit jours en mégapascals : prenez toujours la chaux la plus faible qui tienne dans votre situation.
Peut-on refaire des joints de pierre au ciment ?
C’est techniquement possible et durablement néfaste sur une pierre calcaire tendre. Le joint au ciment est plus dur et plus étanche que le moellon : l’eau ne sort plus par lui, elle migre dans la pierre, gèle et la fait éclater par plaques. Sur une pierre très dure comme le granit ou certains grès siliceux, le risque est moindre, mais la chaux reste préférable pour la réversibilité du travail.
Combien de temps faut-il attendre entre les deux passes de mortier ?
De quelques heures à une journée entière, selon le liant, la température et l’exposition. Le repère est tactile, pas horaire : la première passe doit résister à la pression du pouce sans s’enfoncer. Garnir la finition sur un mortier encore mou fait travailler l’ensemble et provoque des fissures ; attendre plusieurs jours crée au contraire une reprise mal accrochée entre les deux couches.
À quelle période de l’année refaire les joints d’un mur en pierre ?
D’avril à octobre dans la plupart des régions, en évitant le plein été sur une façade au sud. La règle est double : pas de travail si la température doit descendre sous 5 °C dans les cinq jours qui suivent, car un mortier de chaux qui gèle avant sa prise est définitivement perdu, et pas de travail au-delà de 30 °C ni par grand vent, qui font sécher le mortier avant qu’il n’ait pris.
Comment retrouver la teinte des joints anciens ?
Par le sable, jamais par un colorant. Prélevez un fragment d’ancien joint, écrasez-le pour voir la couleur du granulat, et cherchez un sable local de teinte voisine. Réalisez ensuite trois plaques d’essai de dosages légèrement différents sur une zone peu visible, et jugez à un mois : un mortier de chaux s’éclaircit beaucoup en séchant puis continue d’évoluer pendant plusieurs semaines de carbonatation.
Faut-il une autorisation pour rejointoyer une façade ?
Modifier l’aspect extérieur d’un bâtiment relève généralement de la déclaration préalable, et l’exigence est systématique dans les périmètres protégés et les sites patrimoniaux, où la nature du liant, le sable et la finition peuvent être prescrits. Renseignez-vous en mairie avant de commencer : les règles varient d’une commune à l’autre et évoluent, et un rejointoiement non conforme peut devoir être repris intégralement.
Qui écrit cet article ?
La rédaction de Bricolage.fm réunit des rédacteurs spécialisés en travaux, outillage et habitat. Chaque page est construite pour répondre à une question précise, avec des ordres de grandeur vérifiables et les limites d’intervention rappelées. Nos principes de publication sont détaillés dans notre charte éditoriale.
Les prix, durées et quantités sont des ordres de grandeur pour un chantier courant en France. Ils varient selon la région, l’accessibilité et l’état du support. Toute intervention sur le gaz, une installation électrique sous tension, une structure porteuse ou un matériau amianté relève d’un professionnel qualifié.
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