Énergie & Isolation Tutoriel

Comment construire votre marmite norvégienne en 5 étapes simples ?

Fabriquer une marmite norvégienne en carton consiste à emprisonner une casserole bouillante dans 8 à 12 cm de textile isolant, afin de finir la cuisson sans énergie. Avec deux cartons, de vieux plaids et un couvercle-coussin, comptez 1 h 30 à 2 h de montage ; vérifiez ensuite sa tenue en température avant d’y cuire un plat.

La rédaction de Bricolage.fm Rédaction spécialisée bricolage, rénovation et habitat 8 min Débutant
Casserole fermée installée dans une boîte en carton garnie de plaids
Casserole fermée installée dans une boîte en carton garnie de plaids

L’essentiel

8 min de lecture
  • Prévoyez 8 à 12 cm d’isolant souple autour, sous et sur la casserole pour limiter les pertes de chaleur.
  • Une casserole de 4 à 6 litres demande généralement un carton intérieur d’environ 48 × 48 × 40 cm.
  • La casserole doit arriver dans la boîte avec son couvercle fermé, après une ébullition franche sur la plaque.
  • Faites un essai avec de l’eau : viser au moins 70 °C après 2 heures est un bon repère pour une boîte en carton bien garnie.
  • Le carton doit rester sec, propre et intact ; remplacez-le dès qu’il se déforme, moisit ou garde une odeur.
  • La marmite norvégienne convient surtout aux soupes, légumineuses, céréales et plats mijotés déjà portés à ébullition.
Fiche de chantier réf. DEB
Durée
1 h 30 à 2 h de fabrication, puis 2 heures pour le premier test thermique
Budget
0 à 15 € avec des matériaux de récupération ; 20 à 45 € si vous achetez textiles et carton neuf
Niveau
Débutant Aucune compétence préalable

Outils

  • mètre ruban
  • cutter à lame neuve
  • ciseaux
  • règle métallique
  • feutre
  • ruban adhésif toilé ou adhésif d’emballage
  • aiguille et fil solide ou épingles à nourrice
  • thermomètre de cuisson à sonde

Fournitures

  • un grand carton double cannelure avec rabats
  • un second carton ou des plaques de carton propres
  • vieux plaids, serviettes épaisses, polaires ou chutes de tissu
  • deux taies d’oreiller ou tissu solide pour le coussin-couvercle
  • ficelle, ruban ou sangles textiles
  • papier kraft ou housse lavable facultative

Résultat attendu Une boîte isolante sèche, stable et réutilisable, adaptée à une casserole avec couvercle.

Une marmite norvégienne en carton : principe, limites et bonnes dimensions

Une marmite norvégienne est une boîte isolante sans électricité : vous portez le plat à ébullition sur la plaque, puis vous placez la casserole fermée dans un nid de textiles. La chaleur accumulée dans les aliments et dans la casserole poursuit une cuisson douce pendant 30 minutes à 3 heures selon la recette, sans laisser le feu allumé. C’est donc un complément de cuisson, pas une casserole autonome ni un appareil de maintien au chaud certifié.

Les trois repères à respecter

8 à 12 cm
d’isolant souple tout autour de la casserole y compris sous le fond et au-dessus du couvercle
2/3
de remplissage conseillé de la casserole plus de masse chaude améliore l’inertie thermique
70 °C à 2 h
objectif pratique lors de l’essai à l’eau repère indicatif, à adapter au volume de la casserole

Mesurer la casserole avant de chercher les cartons

Mesurez le diamètre extérieur au niveau des poignées, la hauteur avec le couvercle et la hauteur des poignées. Ajoutez 16 à 24 cm au diamètre et à la hauteur obtenus : cela correspond à 8 à 12 cm de garnissage de chaque côté. Une casserole à fond épais, en inox ou en fonte émaillée, conserve généralement mieux sa chaleur qu’un faitout très léger à fond mince.

Dimensions indicatives du carton intérieur selon la casserole
Capacité de casseroleDimensions extérieures courantes avec poignéesCarton intérieur conseilléÉpaisseur de garnissage
1,5 à 2,5 litres22 à 26 cm de large × 16 à 20 cm de haut40 × 40 × 34 cm7 à 9 cm
3 à 4 litres28 à 32 cm de large × 20 à 24 cm de haut48 × 48 × 40 cm8 à 10 cm
5 à 6 litres34 à 38 cm de large × 24 à 28 cm de haut58 × 58 × 48 cm10 à 12 cm

Mesurez votre matériel : les dimensions des poignées et des couvercles varient fortement d’une casserole à l’autre.

Le carton extérieur doit être assez rigide pour ne pas s’ouvrir sous le poids d’une casserole pleine, soit souvent 4 à 8 kg. Choisissez une boîte double cannelure, propre, sèche et non grasse ; les cartons ayant contenu des produits alimentaires secs ou du petit électroménager conviennent bien. Évitez les cartons très imprimés, humides, parfumés ou déjà écrasés.

Matériel de récupération : quoi utiliser pour isoler la boîte ?

Deux cartons emboîtés constituent une bonne base, mais l’isolant réel est l’air emprisonné dans les fibres textiles. Récupérez des plaids en coton ou en polaire, des serviettes éponge épaisses, une vieille couverture ou des chutes de molleton propres. Il faut assez de matière pour former un fond, quatre parois et un coussin supérieur sans tasser exagérément l’ensemble.

  • 1 grand carton à rabats : il formera la coque extérieure et la fermeture.
  • 1 carton plus petit, ou 4 plaques de carton : ils rigidifieront les parois et le fond.
  • 2 à 4 plaids fins, ou 4 à 6 grandes serviettes de bain : ils formeront l’isolant principal.
  • 1 ou 2 taies d’oreiller, housses de coussin ou rectangles de tissu : ils serviront à fabriquer le couvercle isolant.
  • Ruban adhésif toilé, ficelle ou sangle : pour consolider la boîte sans bloquer les rabats.
  • Un thermomètre de cuisson à sonde : indispensable pour qualifier votre premier essai.

Les isolants à éviter dans une marmite norvégienne maison

N’utilisez ni laine de verre, ni laine de roche, ni ouate soufflée : ces matériaux libèrent des fibres ou poussières incompatibles avec une boîte manipulée en cuisine. Évitez aussi les billes de polystyrène, le papier journal en contact avec la casserole et les mousses inconnues, qui peuvent se dégrader ou dégager une odeur à la chaleur. Des textiles lavables et un carton propre restent la solution la plus simple pour débuter.

Construire votre marmite norvégienne en 5 étapes simples

Montez la boîte à vide sur une table dégagée, puis faites un essai avec la casserole froide avant de fixer définitivement les textiles. Le résultat doit être stable : le faitout ne bascule pas, les poignées restent accessibles et les rabats ferment sans écraser le couvercle de la casserole. Gardez une ouverture assez large pour sortir le récipient avec des maniques.

Le montage de la boîte isolante en carton

  1. 1. Préparez et renforcez le carton

    Découpez les rabats abîmés, refermez le fond avec trois bandes d’adhésif croisées et doublez-le avec une plaque de carton. Placez le carton sur une surface plane, loin de toute source de chaleur et d’humidité.

    Si le fond paraît souple, ajoutez une seconde plaque de carton découpée dans le petit carton plutôt que de multiplier l’adhésif.

  2. 2. Formez le coussin de fond

    Pliez un plaid ou deux serviettes en un rectangle de la taille du fond, sur 8 à 12 cm d’épaisseur non tassée. Posez-le au fond, puis installez la casserole froide au centre pour contrôler qu’elle reste à niveau.

    Une casserole inclinée risque de déborder à l’ouverture : corrigez le fond avant de garnir les côtés.

  3. 3. Garnissez les quatre parois

    Disposez les textiles verticalement contre les côtés, puis ajoutez des bandes de carton entre le tissu et la coque pour maintenir la forme. Réservez un espace central correspondant exactement à la casserole, poignées comprises, sans laisser de vide important.

    Travaillez avec la casserole froide en place : elle sert de gabarit et évite de fabriquer une cavité trop large.

  4. 4. Confectionnez le couvercle-coussin

    Remplissez une taie d’oreiller avec un plaid plié ou plusieurs serviettes, puis fermez-la par couture, nœud ou épingles à nourrice placées à l’extérieur. Le coussin doit couvrir toute la casserole et déborder de 5 cm sur les bords de la cavité.

    Un coussin plat de 10 à 15 cm d’épaisseur est plus efficace et plus facile à ranger qu’un coussin très bombé.

  5. 5. Fermez sans écraser l’isolant

    Placez le coussin sur le couvercle de la casserole, rabattez les côtés textiles puis fermez les rabats du carton avec une ficelle ou une sangle. N’adhésivez pas la boîte à chaque cuisson : vous devez pouvoir l’ouvrir vite pour vérifier le plat et sécher les éléments.

    Repérez le sens de fermeture par un petit morceau de ruban de couleur sur un rabat, sans écrire sur la boîte si elle est stockée en cuisine.

Une fermeture souple est plus pratique qu’un couvercle rigide

Le coussin supérieur est la pièce qui fait le plus souvent défaut : une simple couverture posée sur le dessus laisse des fuites d’air par les côtés. Ajustez-le à la forme de la casserole et vérifiez qu’il touche les textiles périphériques. Si les rabats ferment mal, agrandissez le carton extérieur plutôt que de comprimer tout le garnissage.

Tester le maintien en température avant la première cuisson

Avant d’y mettre des aliments, faites un essai à l’eau avec la casserole que vous utiliserez le plus souvent. Remplissez-la aux deux tiers, portez l’eau à forte ébullition avec son couvercle, puis placez-la immédiatement dans la marmite norvégienne et fermez. Notez la température au départ, puis après 1 heure et après 2 heures en ouvrant le moins longtemps possible.

  1. Mesurez l’eau à environ 95 à 100 °C juste après l’ébullition, selon l’altitude et votre thermomètre.
  2. Après 1 heure, une température supérieure à 80 °C indique en général une isolation prometteuse.
  3. Après 2 heures, visez au moins 70 °C pour les recettes longues ; 63 °C constitue un repère de maintien chaud, pas une garantie de cuisson.
  4. Si la température baisse trop vite, ajoutez du textile sur le dessus et sous le fond avant d’épaissir les parois.
  5. Répétez l’essai avec une casserole plus ou moins remplie : un faible volume refroidit toujours plus vite.

Interpréter un résultat insuffisant

Une chute rapide vient souvent d’un couvercle-coussin trop mince, d’un carton trop grand ou d’une casserole remplie à moins de la moitié. Commencez par réduire les vides et renforcer le dessus, zone où l’air chaud monte naturellement. Utiliser un thermomètre de cuisson permet de comparer vos améliorations au lieu de vous fier seulement au toucher du carton.

Quels plats cuire dans une marmite norvégienne en carton ?

Les plats humides et assez volumineux sont les plus adaptés, car leur masse d’eau stocke beaucoup de chaleur. Commencez par des recettes tolérantes : soupe de légumes, riz, lentilles, pois chiches préalablement trempés ou compote. À l’inverse, les pâtes, les petites portions et les fritures ne sont pas de bons candidats, car leur cuisson demande un contrôle étroit ou une chaleur continue.

Temps de chauffe sur la plaque et repos isolé
PréparationChauffe initiale sur la plaqueRepos dans la boîtePoint de vigilance
Riz blanc, 2 à 4 portionsÉbullition 3 à 5 min30 à 45 minRespectez le volume d’eau de la recette et ne soulevez pas le couvercle.
Soupe ou légumes en morceauxÉbullition 8 à 10 min1 à 2 hDes morceaux de 2 cm cuisent plus régulièrement que de gros quartiers.
Lentilles vertesÉbullition 10 min1 h 30 à 2 hAjoutez le sel en fin de cuisson si les lentilles restent fermes.
Pois chiches trempésÉbullition 15 à 20 min2 à 3 hProlongez sur la plaque si les grains ne sont pas fondants.
Haricots rouges secs trempésÉbullition franche au moins 10 minPuis cuisson à contrôlerNe les cuisez jamais uniquement à basse température : cette étape d’ébullition est indispensable.

Ces durées sont des ordres de grandeur : le volume, le modèle de casserole, la température de départ et votre test thermique modifient le résultat.

Pour un ragoût ou une soupe épaisse, remuez et vérifiez la tendreté à la sortie de la boîte, puis terminez 5 à 10 minutes sur la plaque si besoin. Ne laissez pas un plat refroidi plusieurs heures dans le carton en espérant le conserver chaud : servez-le, refroidissez-le rapidement ou placez-le au réfrigérateur. L’intérêt est de réduire la consommation de cuisson pendant le mijotage, sans supprimer l’énergie nécessaire à la montée initiale en température.

Entretenir le carton, les coussins et les textiles isolants

Laissez toujours la marmite norvégienne ouverte après usage afin que la vapeur résiduelle s’évacue complètement. Retirez les éventuelles éclaboussures du carton avec un chiffon à peine humide, puis séchez à l’air libre ; ne détrempez jamais la structure. Les textiles amovibles doivent être lavés dès qu’ils sont tachés ou qu’ils retiennent une odeur de cuisine.

Contrôle à faire avant chaque utilisation

Bien stocker la boîte entre deux utilisations

Rangez-la ouverte dans un placard sec ou sur une étagère, jamais au sol d’une cave ou près d’un lave-linge. Vous pouvez conserver le coussin dans une housse en tissu lavable et glisser une feuille de carton neuve au fond chaque fois que l’ancienne commence à fatiguer. Cette maintenance simple évite les moisissures et maintient une isolation thermique régulière.

Carton récupéré ou caisse rigide : quelle marmite norvégienne choisir ?

Le carton récupéré est le meilleur point de départ pour tester la cuisson passive sans achat important. Si vous cuisinez ainsi chaque semaine, une caisse rigide doublée de textiles amovibles résistera mieux aux manipulations et à l’humidité, mais demandera davantage de découpe et de place. Dans les deux cas, l’efficacité vient surtout de l’épaisseur d’isolant, du couvercle-coussin et d’une casserole bien remplie.

Marmite norvégienne en carton ou caisse rigide garnie ?

Option A

Boîte en carton récupéré

La solution débutant, légère et presque gratuite

  • Montage en 1 h 30 à 2 h avec peu d’outils
  • Coût souvent compris entre 0 et 15 €
  • Facile à adapter à une casserole précise
  • Très bonne option pour valider le principe par un test à l’eau
  • Craint l’humidité et les taches grasses
  • Durée de vie limitée
  • Aspect moins soigné et stockage plus encombrant

À choisir si Choisissez-la pour une première fabrication, à condition de la garder parfaitement sèche.

Option B

Caisse rigide avec housses textiles

La solution durable pour un usage fréquent

  • Parois plus résistantes aux chocs
  • Textiles amovibles plus faciles à laver
  • Fermeture et poignées possibles
  • Durée de vie supérieure si le bois reste sec
  • Budget de 25 à 70 € selon récupération et finition
  • Découpe, assemblage et encombrement plus importants
  • Ne doit pas être utilisée près d’une flamme malgré sa rigidité

À choisir si Préférez-la après avoir confirmé que vous utiliserez réellement la cuisson passive.

Pour fabriquer une marmite norvégienne en carton, privilégiez la simplicité : une boîte stable, 8 à 12 cm de textiles propres et un test thermique sérieux valent mieux qu’une finition sophistiquée.

Ne cherchez pas à rendre la boîte étanche ni à transformer le carton en appareil de cuisson. Pour un usage domestique, ce montage ne requiert ni raccordement électrique ni déclaration particulière, mais il doit rester un contenant isolant mobile et surveillé. Si vous souhaitez aller plus loin, comparez aussi les gestes qui permettent de réduire sa consommation d’électricité dans la cuisine au quotidien.

Questions fréquentes Ce que les lecteurs demandent le plus

Combien de temps faut-il pour fabriquer une marmite norvégienne en carton ?

Prévoyez entre 1 h 30 et 2 heures si vous disposez déjà des cartons, textiles et outils. Le montage lui-même est simple, mais la prise de mesures et l’ajustement du coussin supérieur demandent du soin. Ajoutez un essai thermique de 2 heures avec de l’eau avant toute première cuisson alimentaire.

Quelle taille de carton faut-il pour une marmite norvégienne ?

Mesurez la largeur maximale de votre casserole, poignées comprises, puis ajoutez 16 à 24 cm. Faites de même pour la hauteur avec couvercle. Pour un faitout de 4 litres mesurant environ 30 cm de large et 22 cm de haut, un carton intérieur proche de 48 × 48 × 40 cm est généralement adapté.

Peut-on utiliser du papier journal comme isolant dans une marmite norvégienne ?

Il vaut mieux l’éviter, surtout en contact proche de la casserole. Le papier se tasse, absorbe facilement l’humidité et peut laisser des encres ou une odeur. Des serviettes, plaids, polaires ou couvertures propres emprisonnent mieux l’air, se retirent facilement et peuvent être lavés après une éclaboussure.

La marmite norvégienne peut-elle cuire de la viande ou de la volaille ?

Elle peut prolonger la cuisson d’un plat mijoté déjà correctement chauffé, mais elle ne doit pas être votre seul moyen de cuisson pour de la volaille crue, de la viande hachée ou du poisson sans contrôle de température à cœur. Pour débuter, réservez-la aux soupes, céréales et légumineuses, puis testez précisément ses performances.

Comment savoir si ma marmite norvégienne conserve assez de chaleur ?

Faites bouillir de l’eau dans la casserole remplie aux deux tiers, placez-la immédiatement dans la boîte et mesurez après 1 puis 2 heures. Un résultat d’au moins 70 °C après 2 heures est un bon objectif pratique. Si la température est plus basse, épaississez d’abord le fond et le coussin du dessus.

Faut-il une autorisation pour fabriquer une marmite norvégienne chez soi ?

Pour un usage privé, vous n’avez pas de raccordement, de travaux ni de déclaration à réaliser : c’est une boîte isolante mobile. En revanche, ne la présentez pas comme un appareil de cuisson certifié et ne l’utilisez jamais sur une source de chaleur. Si vous la fabriquez pour la vendre, les obligations de sécurité des produits changent.

Quand faut-il remplacer le carton de la marmite norvégienne ?

Remplacez-le dès qu’il devient mou, gondolé, gras, taché en profondeur, moisi ou durablement odorant. Un carton resté sec et protégé peut tenir plusieurs mois, voire davantage avec un usage modéré. Après chaque cuisson, laissez impérativement la boîte ouverte jusqu’au séchage complet des textiles et des parois.

Qui écrit cet article ?

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